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Qui est Gilles Chateau ?
Né à Mantes la Jolie, France, en 1951, Gilles fait ses études à Versailles et ensuite à Paris oû il devient diplôme de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Appliqués en 1971.
C’est à la suite des violents affrontements aux concerts de Rock qui font rage en France à la fin des années soixante qu’il s’installe à Montreux, après avoir assisté au premier concert de Led Zeppelin en terre helvétique, le 7 mars 1970, dans une atmosphère toute autre que celle dont il avait l’habitude, dans son pays natal. Il se joint à la communauté Hippie de Territet en 1971 et s’y établit en 1973 pour une année.
De retour en Suisse, après une autre année passée sur les pistes Sud et Nord Américaines, il décide d’émigrer définitivement au Canada en 1975. Auteur du livre « Led Zeppelin-The Montreux Concerts », Gilles revient régulièrement à Montreux pour retrouver les anciens de la communauté et assister aux concerts du Festival de Jazz.
Gilles est actuellement Directeur artistique et créatif chez Howe Brand Communications, une agence de publicité basée à Toronto au Canada.
 Gilles Chateau (photo prise en 2007) :
Au pays des banquiers, un point de chute gracieusement offert :
«Alors que l’Office du tourisme voulait avant tout remplir les hôtels de la cité par le biais d’événements divers, nous offrions une alternative de logement sans frais aux amoureux de la musique. Un lieu incontournable imprégné d’un esprit d’ouverture et de découverte…»
MINI-WOODSTOCK :
Membre de la communauté hippie qui réside de 1969 à 1974 dans le logement sis à la route de Chillon 22 et rattaché au Grand-Hôtel de Territet (l’adresse a aujourd’hui changé), à deux pas des appartements de Claude Nobs, Gilles Chateau, actuellement directeur artistique au Canada, relève l’importance de ce point de chute gracieusement offert aux festivaliers. «L’opportunité de pouvoir loger gratuitement, tout en assistant à des événements musicaux hors du commun, avec des forces de l’ordre discrètes, a sans aucun doute contribué à attirer bon nombre d’émules de la scène underground des années septante», estime le Français.
La capacité de trente «lits» de l’appartement n’a évidemment pas suffi à abriter tout le monde. Mais ceux qui n’y trouvent pas de place installent leurs campements autour du Casino et sur les quais. Au grand dam d’une frange conformiste de Montreusiens qui s’est érigée - en vain - contre les concerts pop et les hippies.
Le mouvement est lancé: la ville de Montreux est devenue un mini-Woodstock.
LA POLICE NOUS ENVOYAIT DU MONDE :
Le noyau dur de cette ancienne communauté Hippie, dont la majorité des membres a atteint la cinquantaine et habite en Suisse, s’est retrouvée, il y a quelques jours à Sonloup. Le passé a resurgi d’un coup: «C’était une aventure formidable, se remémore le Genevois Bernard Kohli, autrefois surnommé «Little Joe». Nous voulions changer le monde. Dans l’appartement, il n’y avait pas de clef sur les portes. Durant le Festival, les hôtels étaient pris d’assaut, et la Police nous envoyait les personnes n’ayant pas trouvé de logement. Nous avions une caisse commune et mangions chaque jour des mets différents, concoctés par les visiteurs de passage provenant d’horizons multiples. La plupart d’entre nous oeuvrait dans l’organisation des événements musicaux qui étaient mis sur pied à Montreux durant toute l’année. Mais ce sont surtout ceux qui avaient un emploi fixe qui subvenaient aux besoins de la communauté.»
 Hippies au bord des voies CFF à Territet DU SQUAT À L’EXÉCUTIF :
Détail piquant: le bail du logement de la route de Chillon 22 a alors été signé par un des seuls jeunes majeurs du groupe, aujourd’hui en fonction au sein de l’exécutif communal: «Un matin, le lendemain d’une folle soirée, nous étions allongés et amorphes dans le salon, sourit le notable. Nous avons reçu la visite d’un policier qui est reparti discrètement sans nous dire un mot. Il a sans doute cru que nous écoutions la messe, diffusée à la radio, restée enclenchée…» LE ROCK NOUS A RÉUNIS :«La notoriété du Festival de Jazz doit beaucoup au Rock. C’est en tout cas la raison pour laquelle nous sommes venus à Montreux, souligne Gilles Chateau. La musique que nous écoutions dès 1969 a constitué le liant qui nous réunissait tous. Nous essayions de ressembler à Led Zeppelin. La culture Rock des années 70 a vraiment fait la renommée de la ville.» A nouveau réuni, le noyau dur de l’ex-communauté hippie, dont les membres – Jean-Denis, Gérald, Victor, Françoise, Dominique, Pierre, Bernard et Gilles – vaquent désormais à des occupations variées (professeur à l’université, expert médical, ingénieur en biotechnologie, graphiste, technicien en laboratoire ou encore photographe de presse…).  Little Joe, JDS, Nick, Victor et Gilles Chateau De leurs retrouvailles devrait naître un film retraçant la folle période qui a fait de Montreux une des capitales mondiales de la musique.
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