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2006
Image"Le Montreux Jazz a 40 ans et alors ? Revenez demain il aura 41 ans !"
disait Claude Nobs au journaliste qui lui posait cette question.
A vrai dire 2006 est une date un peu spéciale à Montreux. Le Festival de Jazz fête ses 40 ans, Claude Nobs ses 70 ans, le Septembre Musical ses 60 ans, le Montreux Palace Hôtel ses 100 ans, la statue de Freddie Mercury fut dévoilée voici 10 ans et il fêterait ses 60 ans !!!! Mais revenons au Festival. La fête commence très fort à l’Auditorium Stravinski le 30 juin avec un hommage particulier à Ahmet Ertegun fondateur de Atlantic Records dans les années 50 avec notamment Solomon Burke, Chic & Nile Rodgers, George Duke, Kid Rock, Ben E. King, Robert Plant (Led Zeppelin) Steve Winwood (ex Traffic) Stevie Nicks (ex Fleetwood Mac) et The Atlantic Soul All Stars avec Les McCann et Cornell Dupree, Ronnie Cuber, Jerry Jemmott et Buddy Williams. (Jimmy Page et Jeff Beck qui étaient prévus sont restés absents)

Le lendemain 1er juillet c’est The Black Eyed Peas au Stravinski. Groupe formé par trois rappeurs et qui se caractérise par sa musique hip hop, influencée par des rythmes de soul, jazz et latino. The Clarke/Duke project et Klaus Doldinger Passport jouent au Casino Barrière.

Le 2 juillet, hommage à Nesuhi Ertegun (frère ainé de Ahmet, malheureusement décédé en 1989 à New York) avec Ornette Coleman saxophoniste controversé, figure légendaire de l’avant garde, capable de tout même de jouer avec Lou Reed…. Joe Sample et Van Morrisson eux se produisent dans la salle du Casino
B.B. King et ses amis se produisent le 3 juillet et une fois encore B.B. King demanda à son ami Claude Nobs de le rejoindre sur scène avec son harmonica. Au Casino c’est Al Jarreau, seul chanteur à avoir reçu des Grammy awards dans trois catégories différentes, à savoir jazz, pop et R & B et David Sanborn, saxophoniste américain qui débuta dans l’orchestre de Paul Butterfield dans les années 70 qui sont les têtes d’affiche de cette soirée.
Grand succès pour Massive Attack le mardi 4 juillet groupe anglais toujours en avance sur son temps, d'abord proche du hip-hop, du groove voire de la soul, qui se rapprochera de l'électronique à la fin des années 1990. et le retour du grand rouquin Mick Hucknall alias Simply Red le 5 juillet. Tracy Chapman et ses 3 musiciens ont assuré 17 morceaux dont le classique « Stand by me » sur la grande scène du Stravinski.
Auteur, compositeur et interprète de rock canadien Bryan Adams est un faiseur de hits. Il l’a prouvé le 6 juillet au Stravinski pendant que Jack DeJohnette, John Scofield et Larry Goldings ont envouté le public dans la salle du Casino après la prestation solo de Abdullah Ibrahim.
Le tour du Brésil avec Ney Matogrosso, Maria Rita, seule présence féminine de la soirée, et Martinho da Vila, Gilberto Gil, chanteur, compositeur mais également Ministre de la Culture du Brésil, Carlinhos Brown au Stravinski et Chick Corea et son « Mozart Project » au Casino. Chick Corea fait partie des musiciens dont le mot « fusion » est de ceux que son vocabulaire revendique.

Le 9 juillet Santana et son programme inédit : « Dance to the Beat of my Drum » est un hommage aux percussions avec des musiciens invités aussi variés que Touré Kunda, Mory Kanté, Carlinhos Brown ou Angélique Kidjo. Taj Mahal et Randy Newman assuraient sur la scène du Casino.
Le 10 juillet Santana présente “My Blues is Deep” en hommage aux victimes et aux artistes qui ont tout perdu lors de la catastrophe qui a frappé la Nouvelle Orléans avec des invités comme Taj Mahal, The Neville Brothers, Irma Thomas et Zucchero pendant que de l’autre côté de la ville, au Casino, montent sur scène le batteur Aldo Romano, Victoria Abril et Bernard Lavilliers pour un hommage à Claude Nougaro. Quelques minutes après l’annonce de la venue de Sting à Montreux, le 11 juillet, la centrale de réservation des billets a été prise d’assaut. Sting est un chanteur engagé. Il a activement participé à la création de la Rainforest Foundation, une association qui veut préserver la forêt amazonienne. Chaque année, Sting et sa femme organisent un concert en faveur de cette association. Le concert fut tout simplement magnifique et nous laisse sans voix. Le même soir, au Miles Davis Hall, c’est Morrissey qui avait annoncé son retour. C’est lui qui a fondé The Smiths en 1983, groupe emblématique et qui influença Oasis, Babyshambles ou encore The Strokes, (ce groupe s’est d’ailleurs produit le 14 juillet dans cette même salle). Quelques excellents musiciens de Jazz au Casino : Bob James, Larry Carlton, Harvey Mason, Herbie Hancock.Triologie de Santana.

Le 12 juillet c’est la soirée « Tower Power » c’est le souffle brûlant d’une section de cuivre soutenue par une rythmique d’enfer avec les musiciens « originaux » du guitariste ainsi que des invités tels que Eagle Eye Cherry, Paul Sean etc. Le génie de la basse Marcus Miller, et ses 5 musiciens, nous rappelle que c’est à lui que l’on doit « Tutu » l’album de Miles Davis en 1986. Intéressante musique du monde avec le trio de Zakir Hussain maître aux tablas, Eric Harland tantôt au piano et aux percussions et Charles Lloyd au tenor sax.

Le 13 juillet c’est Sean Paul (de son vrai nom Sean Paul Ryan Francis Henriques) né le 9 janvier 1973 à Kingston, au cœur de la Jamaïque. Après avoir fait des petits boulots en tant que serveur ou même guichetier dans une banque, c'est finalement vers la musique que Sean Paul s'est tourné et il a bien fait ! Autre concert intéressant au Casino c’est Solomon Burke. Incroyable destin que celui de ce tube planétaire dont Solomon Burke, 68 ans, géant de la musique soul, est le père. «A ceci près que personne ne le sait», se plaint-il aujourd'hui. Et surtout pas les millions de spectateurs du film The Blues Brothers, qui consacra définitivement cette chanson. Chaque troisième dimanche du mois, sous les voûtes de l'église The House of God de Los Angeles, on assistait à un spectacle surprenant: un pasteur noir énorme, Solomon Burke, fait résonner sa voix de silex en chantant Everybody Needs Somebody to Love. Un chœur de gospel et une foule de fidèles lui répondent: «I need you, you, you!».

Le 14 juillet c’est le groupe rock suisse Gotthard et Iggy & The Stooges, avec les frères Ron et Scott Asheton qui enflamment le Stravinski et pour clore cette éditon c’est tout naturellement Deep Purple qui connaissent la formule depuis bientôt 4 décennies. On joue quelques titres du dernier album « Rapture of the Deep » et on enchaîne par les morceaux que tout le public connaît et attend. Car il faut l’admettre, c’est davantage sur les anciennes mélodies que l’on s’éclate que sur les récentes. Le public du Stranvinski a donc eu la chance de se défouler entre autre sur "Strange kind of woman", "Space truckin", "Highway star", "Pictures of home", "Hush", "Lazy, Black Night " et…"Smoke On The Water". Soulignons d’ailleurs que le fameux tube a débuté par une petite intro funky – jazzy qui a ravi plus d’un spectateur. Enfin, n’oublions pas le duo à l’harmonica par MM. Ian Gillian et Claude Nobs. Ce n’était pas forcément un moment inoubliable de musique, mais ça valait le coup d’œil de voir et sentir autant de passion musicale se dégager de ces deux êtres.

A bientôt pour l’édition 2007
team montreuxmusic.com